Fard
Synopsis
Dans un futur proche, la société semble fonctionner de manière parfaitement ordonnée et contrôlée. Oscar a tout du citoyen modèle, jusqu’au jour où un collègue de bureau lui demande d’embarquer un paquet. La découverte qu’il fait va complètement bouleverser son rapport au monde et à la réalité.
Thématiques
- Production :
- 12 min
- 2009
- 12-14 ans, 14-16 ans, Ados/Adultes
- Animation
- France
En un coup d'œil
Manifestement inspiré par le célèbre roman dystopique 1984 de George Orwell, publié en 1949, dans lequel l’auteur dépeignait un régime totalitaire, Fard se déroule dans une société située dans un avenir proche et étrangement familière dans ces décors – métro, ascenseur, escalators... L’animation du film recourt à la rotoscopie, procédé qui consiste à tourner un plan en prise de vue réelle, avec de vrais acteurs, puis à dessiner, image par image, les contours des silhouettes par décalque de l’image réelle.
Le titre du film renvoie à cette idée de double couche, aussi bien à l’œuvre dans la technique d’animation qu’emblématique du propos des réalisateurs David Alapont et Luis Briceño : le terme « fard » peut ainsi s’entendre au sens propre – évoquant la couche mate et uniforme d’animation qui recouvre les personnages comme leur environnement – mais aussi au sens figuré, désignant alors les artifices et l’imposture qui fondent cette société futuriste. L’enjeu du film consiste à « démaquiller » les personnages et les discours officiels pour révéler le réel et la vérité, grâce à la lumière d’une simple lampe torche – dans laquelle il n’est pas interdit de voir une métaphore du cinéma.
Le film captive par sa capacité à distiller un malaise constant : le graphisme et ses lignes trop nettes révèlent une société où tout paraît organisé à l’excès et où les contacts humains – comme le flirt entre Oscar et Lisa – sont relégués au second plan, voire à une forme de clandestinité. La multiplicité des écrans et des machines indique un système sous surveillance continue. Elle n’est pas sans rappeler Big Brother, ce personnage fictif inventé par George Orwell qui qualifie dorénavant toute institution ou pratique portant atteinte à la vie privée des individus. Réalisé en 2009, juste avant l’avènement des smartphones, Fard semble n’offrir aucune issue à son protagoniste. Ce récit dystopique peut néanmoins se voir comme une allégorie des dérives auxquelles les libertés individuelles sont actuellement confrontées, nourrissant théories et fantasmes complotistes, eux-mêmes largement relayés par Internet et les réseaux sociaux.
À la loupe
Histoire collective/individuelle
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Générique
- Réalisation : David Alapont , Luis Briceño
- Production : Jérémy Rochigneux
- Production : Metronomic
- Scénario : David Alapont , Luis Briceño
- Son : Luis Briceño , Olivier Mortier
- Interprétation : Michel Ayard , Julie Durand , Jean-François GALLOTTE
- Montage : Florence Jacquet
- Décors : David Alapont , Olivier Pouchelon
Autres ressources
Accompagnement pédagogique :
Clément Graminiès, Thomas Cabrera et Margot Grenier