Panthéon Discount

Stéphan Castang

Synopsis

In 2050, a machine has replaced medicine : the Sherlock. A kind of super scanner that not only diagnoses but also heals depending on the patient’s means. Doctors have became financial advisers who propose health insurances and... more or less drastic solutions.

Thématiques

Sélections

  • Production :
  • 14 min
  • 2016
  • Ages 6-9, Ages 9-12, Teens
  • Fiction
  • France
  Malentendants

En un coup d'œil

Avec son titre en forme d’oxymore (le panthéon est un prestigieux temple consacré aux dieux tandis que le mot “discount” renvoie à l’idée de marchandisation à bas prix), ce film de Stéphan Castang traque les contradictions et les absurdités susceptibles de régir nos sociétés dans un futur proche. Alors que l’enjeu repose a priori sur le soin à la personne, la mise en scène reflète un univers déshumanisé, les lignes du décor paraissant dures, le cadre rigide emprisonnant les personnages ou encore le noir et blanc annihilant toute projection dans le futur. S’il est impossible de se situer dans l’espace en raison de cet arrière-plan anonyme et interchangeable, la précarité financière des personnages et l’exploitation à outrance de leurs données entrent en résonance avec des préoccupations contemporaines. Ici, la machine semble répondre à un idéal puisqu’elle se trouve en capacité de poser tous les diagnostics et de guérir : mais avec un tel transfert de compétences, le médecin peut-il espérer être autre chose qu’un subalterne au service du système ? Si la caméra nous invite à épouser son point de vue lorsqu’il s’entretient avec des patients tour à tour circonspects ou désespérés, c’est pour mieux tisser une relation en miroir et ainsi réveiller l’humanité qui sommeille en chacun d’entre nous.

À la loupe

Collective/individual history

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Le récit s’appuie sur trois hommes et femmes dont les problèmes de santé dessinent un éventail de thèmes suffisamment universels (la maladie, le handicap, la mémoire, la mort) pour toucher chacun d’entre nous. Le dispositif filmique repose quant à lui sur une succession de plans face caméra et sans aucun contrechamp, composés de telle manière que la détresse qui en émane nous enserre. Ainsi projeté dans cette dystopie où le pragmatisme médical a supplanté toutes les relations humaines, on est amené à s’interroger sur le futur que dessinent les progrès technologiques.

Avec sa tonalité chaude, la musique que l’on entend lorsque les personnages passent sous l’œil du scanner prend le contrepied de l’environnement froid et clinique dans lequel le film nous plonge dès les premiers plans, comme si ce décalage venait ajouter de l’absurdité à cette situation glaçante. En revanche, lors des entretiens avec le médecin, nous pouvons noter l’absence de toute musique extradiégétique, mais aussi de tout son ambiant, ce qui renforce le caractère déshumanisé de la situation.

Playing with the spectator

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Durant la très grande majeure partie du film, le médecin est rivé au hors champ et sa présence n’est matérialisée que par le son de sa voix. Mais parce que celle-ci laisse souvent transparaître des hésitations comme autant de failles dans son discours millimétré, que l’un des patients – aveugle, de surcroit – s’empare de sa main pour lire en lui et renverse ainsi le dispositif. En contrechamp, nous découvrons alors un humain, mis à égalité avec tous ceux qui l’ont précédé dans le film.

Piste d'exploitations pédagogiques

- Que pensez-vous des différentes propositions du “médecin” du film ? En quoi cela vous fait-il réfléchir ? Sauriez-vous faire le lien avec la notion d’“éthique” ?

- Que pensez-vous des partis pris esthétiques, visuels, musicaux et sonores du film ?

- Quel effet entraîne le dernier plan du film en “retournant” la caméra sur le médecin ?

Recherche : l’homme-robot existe-t-il déjà ? Effectuez des recherches pour mieux cerner les enjeux actuels de l’intelligence artificielle, l’informatique ou la robotique dans les secteurs de la médecine et de la santé.

Réflexion civique : à l’aide d’une analyse fine des enjeux éthiques, sociaux, politiques et civiques actuels, mettez en lumière les débats autour des concepts différents d’"euthanasie” et d’“aide à mourir” ou de “suicide assisté”.

Expérience : passez un dimanche sans aucun écran. Écrivez le bilan de cette journée : ce que vous avez fait de différent, ce que cela vous a apporté (ou pas), ce que vous avez ressenti…

Sur la question de l’éthique en médecine : à travers les questionnements abordés par le film (eugénisme, euthanasie, question économique/technologique dans la médecine), ce film peut être l’occasion d’aborder certaines questions actuelles de notre société dans le domaine de la médecine.

Sur le cinéma et l’eugénisme : le film d’anticipation Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (1997) dépeint une société où les êtres humains sont créés par eugénisme et où tous ceux qui ont été conçus de manière naturelle sont stigmatisés et discriminés, car “imparfaits”. Le court métrage Fard (2009) de David Alapont, également disponible sur le Kinétoscope, interroge aussi à sa manière le gommage des “imperfections” humaines.

Sur la domination numérique/informatique de l’humanité par les machines : de nombreux films permettent d’aborder cette thématique très contemporaine comme, sur la question de la machine dominatrice, 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968) et Wall-E d’Andrew Stanton (2008), ou, sur les problématiques de l’IA, A.I. Intelligence artificielle de Steven Spielberg (2001), Her de Spike Sponze (2013) et la série Real Humans (2012).

Générique

  • Direction : Stéphan Castang
  • Production : Karine Blanc
  • Production : Takami Productions
  • Screenplay : Stéphan Castang
  • Image : Jean-Baptiste Moutrille
  • Sound : Matthieu Langlet , Emilie Mauguet
  • Cast : Sébastien Chabane , Christian Delvallée , Anne-Gaëlle Jourdain , Jean-Pierre Kalfon , Martine Schambacher
  • Editing : Stéphan Castang
  • Music : John Kaced
  • Setting : Florent Gauthier

Autres ressources

Fiche rédigée par Clément Graminiès et Thomas Cabrera